Article cpnm 008

HPI / Douance

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Ce que dit la science

Écrit par

Elodie Authier

icone psychologie neuropsychologie montreal

Temps de lecture

3 minutes

icone psychologie neuropsychologie montreal

Publié le

11 Décembre 2025

icone psychologie neuropsychologie montreal

Lecture : 3mn

Écrit par : Elodie Authier (neuropsychologue)

Publié le : 11 Décembre 2025

neuropsychologie-evaluation

Le haut potentiel intellectuel (HPI) suscite souvent beaucoup de questions et s’accompagne aussi de plusieurs mythes.

Au CPNM, nous voyons régulièrement des adultes qui se demandent si certaines de leurs difficultés viennent de leur HPI.

La réalité scientique est plus nuancée et souvent plus rassurante.

  5 idées reçues fréquentes

sur le HPI

… et ce que montre la science

premier point du cabinet de psychologie et neuropsychologie de montreal

“Les adultes HPI sont forcément hypersensibles.”

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NON,

Le haut potentiel n’entraîne pas automatiquement une hypersensibilité, ni émotionnelle ni sensorielle.


On trouve des HPI très sensibles, d’autres modérément, et certains aussi peu réactifs que n’importe qui.

L’hypersensibilité, quand elle existe, peut toucher — la sphère émotionnelle (réactivité aux ambiances, intensité affective) — mais aussi la sphère sensorielle (bruits, textures, lumières, stimulations multiples).

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Ces profils restent variables, individuels, et non spécifiques au HPI.

Par exemple, on observe également des hypersensibilités chez des personnes non-HP (environ 20% de la population), alors que le HPI ne concerne que 2 à 5% des individus selon les seuils.

📌 Ce que dit la science :


Les travaux de Brasseur (2018) et la méta-analyse de Winkler (2016) ne montrent aucune preuve d’une hypersensibilité généralisée chez les HPI. Les deux profils peuvent coexister, mais l’un ne cause pas l’autre.

deuxieme point du cabinet de psychologie et neuropsychologie de montreal

“Le HPI augmente le risque de dépression”

7

NON,

À l’échelle de la population, les personnes HPI ne présentent pas plus de dépression ou d’anxiété que les autres.

 

Certaines traversent évidemment des périodes difficiles, mais ce n’est pas lié à leur haut potentiel en soi.

En effet, les personnes à haut potentiel présentent, en moyenne, des compétences émotionnelles similaires, voire légèrement meilleures que la population générale.

Elles disposent souvent d’un vocabulaire émotionnel plus riche, comprennent plus facilement les situations affectives et identifient plus rapidement les stratégies pertinentes pour y répondre.

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📌 Ce que dit la science :

Une méta-analyse (Martin et al., 2010) conclut qu’il n’y a aucune surreprésentation de troubles anxieux ou dépressifs chez les adultes HPI.

troisième point du cabinet de psychologie et neuropsychologie de montreal

“Les HPI sont souvent isolés socialement”

7

NON,

Globalement, les personnes HPI ne rencontrent pas plus de problèmes sociaux que la population générale.

Beaucoup s’intègrent même très bien, peuvent être appréciées, leaders, charismatiques ou investies socialement. 

Certaines peuvent avoir des difficultés relationnelles bien sûr, mais pas à cause du HPI en soi :  ces difficultés, lorsqu’elles existent, relèvent plutôt de facteurs personnels, de parcours de vie ou de contexte professionnel.

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📌 Ce que dit la science :

Les études (Peyre et al., 2016 ; Peairs et al., 2019 ; Rinn & Bishop, 2015) ne montrent pas de surreprésentation de difficultés relationnelles, dans leur vie amicale, maritale ou dans leur relations au travail. Ces résultats s’observent d’ailleurs chez toutes les tranches d’âge (enfants, ados ou adultes HPI).


Seule une minorité avec un QI très élevé (+155) peut être plus à risque. En effet, plus le HPI est important (et donc très rare, on retrouve un Très Haut Potentiel Intellectuel chez seulement 0,1% de la population, soit 1 personne pour 1000 individus), plus l’écart avec la population générale se creuse et le décalage se fait sentir sur le plan relationnel.

quatrième point du cabinet de psychologie et neuropsychologie de montreal

“Les jeunes HPI sont plus à risque d’échec scolaire”

7

NON,

Dans l’ensemble, les élèves HPI réussissent plutôt bien à l’école, parfois même au-dessus des attentes. Ils apprennent vite, leur raisonnement est efficace, et leur traitement de l’information favorise généralement la réussite scolaire.

Quand des difficultés apparaissent, elles ne sont pas causées par le HPI en soi, mais par d’autres facteurs: ennui, manque de stimulation, perfectionnisme élevé, environnement peu adapté… ou la présence d’un trouble neurodéveloppemental (TDAH, dyslexie, etc.).

On parle alors d’enfants doublement exceptionnels: ils présentent à la fois un haut potentiel intellectuel et un trouble pouvant impacter les apprentissages.

Ce profil reste peu fréquent, et c’est ce petit groupe de jeunes à HPI qui, lors des études scientifiques, ressortent comme le plus à risque de présenter des difficultés scolaires, sociales ou affectives.

7

📌 Ce que dit la science :

Les auteurs comme Gauvrit et Clobert rappellent que le HPI n’est pas un facteur de risque généralisé d’échec scolaire.

La grande majorité suit une scolarité satisfaisante, et les difficultés surviennent surtout en cas d’inadéquation pédagogique ou de trouble associé, pas à cause du haut potentiel lui-même.

cinquième point du cabinet de psychologie et neuropsychologie de montreal

“Si j’ai des difficultés, c’est peut-être à cause de mon HPI”

7

C’est une explication qui peut être tentante … mais trompeuse.

Le HPI décrit un fonctionnement cognitif, pas une personnalité ni une source automatique de difficultés.


On peut être HPI et traverser une dépression, un deuil, un épuisement professionnel, vivre avec un trouble anxieux, un trouble de personnalité ou un trouble déficitaire de l’attention — comme n’importe qui.


Les difficultés vécues sont, comme pour tout le monde, d’origine multifactorielles et s’expliquent plutôt par l’histoire personnelle propre à chacun, l’environnement, les facteurs génétiques ou encore les événements de vie.

7

📌 Ce que dit la science :

Les recherches en psychologie montrent qu’avoir un QI élevé a un léger effet protecteur. Les personnes à HPI sont globalement plus satisfaites de leur vie que la population générale.

Bien qu’on retrouve en moyenne une meilleure qualité de vie, un meilleur revenu et une plus grande espérance de vie, le HPI n’empêche aucunement les épreuves de la vie (Gottfredson, 1997 ; Ritchie, 2015).

G

EN RÉSUMÉ

Le haut potentiel n’est pas un trouble mental, ni un diagnostic psychologique.


C’est un profil cognitif particulier, qui peut être une force, mais qui ne détermine ni la personnalité, ni l’équilibre émotionnel, et surtout qui ne prémunit personne des difficultés de vie. Lorsqu’une personne vit des difficultés, les causes sont souvent multifactorielles.

On peut être HPI et aller très bien.

On peut être HPI et traverser une période difficile.


Dans tous les cas, ce n’est pas “la faute du HPI”.

Au CPNM, nous accompagnons les adultes dans toute leur complexité, sans réduire leur expérience à un seul trait.
Ce qui compte avant tout, c’est votre histoire, vos ressources, et les défis que vous rencontrez aujourd’hui.

 

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Article écrit par

Elodie Authier (Neuropsychologue)

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